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Quand la Vie reprend le dessus

article 10

L’hôpital n’a pas été qu’un lieu de souffrance et de mort. La vie est restée la plus forte, d’abord à travers l’action des hommes mais aussi par la naissance de plusieurs bébés.

Ainsi, pour Mme Aumont, dont les parents étaient buralistes dans la rue du Moulin, la vie commence de façon terrible : « Mon grand-père a été enseveli dans son magasin, ma grand-mère a été amputée d’une jambe suite à la gangrène, et moi je suis née à Vimer, dans un château ! ».

Vimer, un hôpital dans la guerre

Poche de Falaise - Chambois

Ecoutons maintenant Mme Hélie, 24 ans à l’époque et qui vit désormais à Chartres. « J’habitais à cette époque tout près de St Pierre sur Dives. Tous les jours, des avions alliés annonçaient des bombardements par des lâchés de tracts. Nous devions donc quitter la maison. De plus, il n’y avait plus de médecin et je m’inquiétais pour la naissance de mon enfant. je n’arrive plus à me souvenir qui m’a emmené à Vimer. Je sais seulement que c’était une camionnette, à la mi-juillet.
Dès mon arrivée, j’ai été logée dans une chambre mansardée, avec une autre femme, qui attendait, elle, son cinquième enfant. Elle ne voulait pas que je la quitte, car elle avait peur. Du coup, je n’ai pas fréquenté vraiment les autres blessés et malades. J’ai eu peur, moi aussi, quelques fois, car des obus sifflaient au-dessus du toit et tombaient près du château.
Mme de Touchet, très attentive et très gentille, venait nous voir, nous rassurait. Elle nous avait dit qu’un prêtre, présent au château traversait les lignes allemandes pour demander aux alliés d’ajuster leurs tirs et d’épargner l’hôpital.
Le jour de l’accouchement, j’avais mal bien évidemment. Une infirmière est venue me demander d’attendre car le chirurgien opérait un Allemand sous la menace. Puis, il a pu venir. Ma petite Nicole est née, une enfant tellement attendue malgré le contexte difficile. C’était pour moi un grand bonheur qui me faisait oublier le reste.
Je crois que l’hôpital a été libéré une dizaine de jours plus tard par un seul soldat canadien. On nous a offert le champagne pour fêter l’évènement !
De cet hôpital, je m’en souviens comme d’un havre de paix, seulement troublé par le bruit des bombardements. Je me promenais dans le verger. J’y ai même « chipé » des pommes. Je peux l’avouer ? Il doit y avoir prescription maintenant. J’ai trouvé dans cet endroit réconfort, attention, gentillesse, soins et nourriture. J’ai même eu droit à du chocolat.
Même si j’ai oublié beaucoup de détails, c’est cette impression de gentillesse qui me revient toujours à l’esprit, quelques soixante années plus tard.
Après la Libération, je suis retournée à St Pierre. Et pourtant, j’aurais bien voulu rester à Vimer, synonyme pour moi d’une vrai chaleur familiale. Heureusement que j’avais ma petite fille avec moi. C’est elle qui m’a donné des forces pour affronter la vie ».

Témoignages recueillis par Didier Goret.
Journal de Guerquesalles du 19 juin 2004 « Vimer : un hôpital dans la guerre.»

À propos de Pays du camembert

Le Pays du camembert, en Normandie

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